Les Réveils au palier de 1

Les Réveils au palier de 1

Les enchères d’intervention sont régies par des critères distributionnels draconiens, en particulier le contre d’appel. Il est donc très fréquent de devoir passer sur une ouverture adverse à la couleur avec beaucoup de jeu. En contre-partie, un certain allant sera de rigueur après une ouverture à la couleur, suivie de deux passes :

Ouest
  • R1052
  • 5
  • A9762
  • 543
ONES
1--
?

Ne vous dites pas : «chic, je n’ai pas de jeu et Est a passé, ils sont donc en train d’empailler la manche, je passe !», mais plutôt : «Sud est complètement nul, la main de Nord est limitée, Est a donc fatalement pas mal de jeu, peut-être même assez pour que nous fassions une manche, mais il a passé car sa distribution ne convenait pour aucune intervention».
On peut parfaitement imaginer, chez lui :

ONES
1passe
Est
  • A863
  • A872
  • R3
  • A96

et il faudrait des distributions épouvantables pour chuter 4♠, alors qu’il n’était pas question qu’il dise quoi que ce soit sur 1.

On en déduit que plus vous serez court dans la couleur adverse, plus grande sera la probabilité que votre partenaire y soit long (et donc qu’il ait passé «en force») et moins il vous faudra de jeu pour réveiller.

Avec une distribution idéale de contre
ou une bonne couleur longue,
on réveille parfois à partir 6 ou 7 points d’honneurs !

Exemples :

Ouest
  • RV54
  • D1043
  • 6
  • 7632
ONES
1--
X

Un réveil minimum, mais obligatoire. En revanche, on s’abstiendrait sur une autre ouverture.

Ouest
  • 6543
  • RV654
  • D104
  • 5
ONES
1x--
?

Si le réveil est évident sur 1♣ (1) et acceptable sur 1 (1), il est visiblement sans objet sur 1. Sur 1♠, il faudra également laisser jouer : puisqu’il possède au moins l’ouverture et qu’il n’est pas intervenu, Est est très probablement muni de trois ou quatre cartes à Pique, très utiles pour battre 1♠, beaucoup moins pour jouer un contrat en attaque. De plus, il nous faudrait réveiller au palier de 2, ce qui est évidemment plus périlleux qu’à celui de 1.

Ouest
  • RV6
  • D5
  • AV54
  • 8765
ONES
1♠--
1SA

La distribution est ici très quelconque, mais Est possède fatalement quelques valeurs et peut-être les 14 ou 15 points manquants pour demander 3SA.

A partir de 10/11 points H, le réveil est d’ailleurs quasiment obligatoire, car s’il est rare de passer sur une ouverture adverse avec 16 points ou plus, c’est banal avec une main 12-15. A partir de 10-11 H au réveil, passer nous ferait donc courir un risque important de manquer une manche.

Bien entendu, on s’abstiendra de réveiller si on est vraiment long et solide dans la couleur adverse :

Ouest
  • RD985
  • 43
  • R103
  • A32
ONES
1♠--
passe

Ce n’est visiblement pas son nombre de Piques qui a empéché Est d’intervenir : il n’y a donc pas de manche chez nous et notre meilleur contrat partiel semble être à l’atout Pique !

Remarque : dans le sujet qui nous occupe aujourd’hui, la vulnérabilité ne joue pas un très grand rôle. Disons tout de même que, dans les cas tangents, on laissera plus volontiers jouer l’adversaire s’il est vulnérable car, s’il chute lourdement, cela nous rapportera plus que le gain d’un contrat partiel, voire même d’une manche si nous ne sommes pas vulnérables.

Une fois que l’on a décidé de ne pas laisser mourir les annonces, il faut choisir une enchère. Comme en intervention, on pourra réveiller à la couleur (avec ou sans saut), à Sans-Atout et en contrant.

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Professeur agréé par la F.F.B, Marc Kerlero enseigne le bridge depuis 1980. Il est l'auteur de 15 ouvrages, dont plusieurs best-sellers et a été rédacteur en chef d'Objectif 13 puis de Bridgerama. Il a été champion d'Europe junior en 1984, vice-champion de France de division nationale I en 2004, champion de France de division nationale II par quatre en 2014 et vainqueur de la Coupe de France en 2019.