L’art de la défausse

L’art de la défausse

L’une des premières questions que se posent deux joueurs qui vont disputer leur premier tournoi ensemble est : «Comment appelez-vous en défausse ?». Traduit en langage clair, ça nous donne : «Vous préférez vous suicider au gaz ou au pistolet ?…»
En effet, l’immense majorité des bridgeurs se dit, lorsqu’elle se trouve obligée de défausser : «J’ai le Roi de Carreau, quelle est la carte de mon jeu qui permet d’appeler dans cette couleur ?».
Le résultat est évidemment épouvantable et nous allons essayer d’améliorer les choses.

La défausse fait partie du jeu de flanc

C’est évident, bien sûr, mais cela signifie que pour défausser convenablement et aussi pour interpréter correctement les défausses du partenaire, il faut avoir analysé soigneusement le contexte.

Rappelons les principales étapes de cette étude préliminaire, que doit faire chaque joueur de flanc, avant de retourner sa première carte et d’autoriser ainsi le jeu pour la deuxième levée :

– Compter les points du mort pour en déduire, sur une fourchette plus ou moins précise, le nombre de points qu’il peut espérer chez son partenaire (quand il ne peut plus lui en rester que 2 au maximum, il est déjà clair qu’il ne risque pas d’appeler !),

– Analyser soigneusement la position de la couleur d’entame (honneurs et distribution),

– Rechercher les richesses du mort, pour en déduire le plan de jeu adverse et donc le type de flanc à mettre en place : passif (on laisse l’adversaire se dépatouiller avec ses problèmes) ou actif (on prend des risques, car le déclarant va gagner si l’on n’agit pas rapidement).

Ces bonnes choses de faites, il sera temps de se préparer à défausser !

Les 3 Règles

1) Ce n’est pas parce que votre partenaire possède un Roi ou un As dans une couleur que vous devez en jouer.

Ce n’est pas parce que votre partenaire n’a rien dans une couleur que vous ne devez pas en jouer.

Imaginons que vous connaissiez un gros honneur à Trèfle en Est, dans la position suivante (vous êtes en Ouest) :

D42
R83

Faut-il en jouer, ou pas ?

Probablement, si la situation est :

D42
R83
AV95
1076

Non, a priori, si elle est :

D42
R83
A1095
V76

Puisque le déclarant n’aurait plus que deux perdantes dans la couleur au lieu de trois… à moins, bien sûr, qu’il n’y ait urgence à encaisser deux levées (d’où l’intérêt de l’étude préliminaire).

Imaginons maintenant :

D42
863

Vous savez que votre partenaire n’a aucun honneur à Carreau… et c’est peut-être quand même votre meilleur flanc, si l’analyse préliminaire vous a montré qu’il fallait jouer neutre !

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Professeur agréé par la F.F.B, Marc Kerlero enseigne le bridge depuis 1980. Il est l'auteur de 14 ouvrages, dont plusieurs best-sellers et a été rédacteur en chef d'Objectif 13 puis de Bridgerama. Il a été champion d'Europe junior en 1984, vice-champion de France de division nationale I en 2004 et champion de France de division nationale II par quatre en 2014.